Cellules IPS : un nouveau type de ressources AU CRB-BioJeL

Grande nouveauté pour le Centre de Ressources Biologiques de l’Institut, BioJeL : après de longs mois de travail et de persévérance, son équipe propose désormais une nouvelle ressource biologique à la communauté scientifique : les cellules souches pluripotentes induites (ou IPSc). Ces ressources, longues et délicates à produire, mais extrêmement précieuses pour la recherche, sont encore rares dans le champ de la trisomie 21.

Depuis sa création en 2008, BioJeL est un outil précieux de la recherche. Son rôle est de conserver et mettre à disposition de la communauté scientifique internationale des échantillons biologiques issus des patients de la consultation de l’Institut. Ces échantillons – par exemple, de plasma, d’ADN, de cellules du sang ou de la peau – sont alors étudiés dans le cadre de programme de recherche et participent à mieux comprendre les mécanismes de la déficience intellectuelle et des pathologies qui y sont associées. Lorsqu’un patient réalise une prise de sang à l’Institut, l’infirmière peut lui proposer de prélever un tube supplémentaire à des fins de recherche. Avec l’accord du patient et sa famille, l’échantillon prélevé est transmis à Marie et Eva, responsable et technicienne du laboratoire, qui le traitent et le préparent pour le conserver dans les conditions idéales, avant de le mettre à disposition de projets de recherche.

Le développement des cellules IPS via le projet Colibri, un atout pour le CRB-BioJeL

En 2023, un nouveau projet de recherche a vu le jour à l’Institut : Colibri. Ce projet porte sur deux jeunes frères jumeaux monozygotes (vrais jumeaux), dont l’un est porteur de trisomie 21 et l’autre non. Cela signifie qu’ils ont un patrimoine génétique quasiment identique, à l’exception du chromosome 21. Cette grande similarité permet d’étudier les différences génétiques et épigénétiques (c’est-à-dire l’étude des changements relatifs à l’activité des gènes) et les mécanismes cellulaires associés à la déficience intellectuelle, et potentiellement d’identifier de nouvelles voies de recherche.

Dans le cadre du projet Colibri, les échantillons prélevés avaient pour objectif de permettre le développement d’un nouveau type de cellule : les cellules souches pluripotentes induites (ou IPSc).

Il s’agit de cellules souches capables de se transformer en n’importe quel type de cellule de l’organisme (pluripotence) : neurones, cellules cardiaques, cutanées… exactement comme peuvent le faire des cellules embryonnaires. Elles sont induites grâce à la réactivation de certains gènes qui leur permet de retrouver cette capacité de pluripotence. Ainsi, la reprogrammation en IPSc permet d’obtenir des cellules normalement inaccessibles (comme des neurones, ou des cellules du cœur) à partir de cellules du corps humain facilement accessibles, comme celles de la peau ou du sang. Cette technique permet d’aller plus loin dans la compréhension des maladies et la recherche de pistes thérapeutiques.

 » Si la génération d’iPSc est assez répandue en recherche fondamentale, via des plateformes qui en produisent à la demande, très peu sont en lien avec la trisomie 21. C’est donc un vrai atout pour l’Institut de pouvoir désormais proposer ces ressources, et pour nos partenaires d’en bénéficier ! » explique Marie Vilaire-Meunier, responsable du CRB-BioJeL.

Depuis quelques jours, ces nouvelles ressources sont disponibles sur le site du CRB-BioJeL et peuvent faire l’objet de demande de mise à disposition.

Ce projet a été financé grâce à la générosité des donateurs de la Fondation Jérôme Lejeune, que nous remercions vivement.